Toi, nouvel Escrimeur qui entres dans cette salle ... (2/3)

Pendant le combat.
Ce n'est pas parce tu viens d'annoncer, d'une voix tonitruante, une touche reçue en pleine poitrine, que tu es autorisé à "étouffer" la touche qui a pu passer inaperçue.
Comme tes cris, si déplaisants pour annoncer les touches que tu as - ou que tu voudrais avoir - données, seraient agréables pour annoncer celles que tu as reçues.
Pendant que les juges discutent de la touche que tu as - tu le sais - bel et bien reçue, ne leur jette pas un regard ou l'étonnement le dispute à la fausse indignation : le Code pénal punit la tentative de chantage, comme le chantage lui-même.
Si vraiment ton amour-propre t'inderdit d'être battu par une femme, la galanterie veut que ce ne soit qu'avec un écart insignifiant. Si ce n'est pas la tienne, bien entendu.
Si tu estimes que le premier devoir d'un adversaire est d'annoncer toutes les touches qu'il reçoit - et même celles qu'il ne reçoit pas - parce que tu es l'invité, ne provoque tout de même pas le champion de la salle, auquel on ne peut demander pareil sacrifice.
Il fera quand même, montre d'élégance en ne te battant qu'avec discrétion. Cela fait tellement plaisir, à nombre de vieux messieurs de dire, encore aujourd'hui: "J'ai fait 7 /10 avec Gaudin".
Si on te demande de juger, tu te tromperas, bien entendu. Mais que ce soit avec sérénité et assurance. N'avoue jamais ton erreur. Tu perdrais, et pour toujours, toute ton autorité.
(toujours d'après la reproduction d'une gravure signée A.-E. Lainé)

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